Les mots et expressions, parfois empreints d’humour ou de poésie, nous replongent dans l’histoire de Paris. Prenons le temps d’explorer ensemble, ces termes qui continuent de faire vivre l’âme de la capitale à travers les époques.
Par ailleurs, sachez que si vous souhaitez en apprendre plus sur Paris et son histoire, vous pouvez réserver un de nos escape games culturels, disponibles en version adulte ou enfant à partir de 7 ans, dans le quartier de Montmartre, dans la basilique du Sacré-Cœur, dans les Passages Couverts ou sur l’Île de la Cité.
Voyons maintenant 22 étymologies qui prennent racine à Paris !
Chandail
Un chandail est un tricot avec ou sans manches que l’on enfile par la tête et qui s’arrête aux hanches. Au 19ème siècle, le mot « chandail » fleure bon l’histoire populaire de Paris du temps des Halles. Ce fut bien avant que les vendeurs de fruits, légumes, viandes… ne soient exilés à Rungis.
Cet immense marché faisait vivre Paris grâce à son architecture typiquement parisienne. Celle-ci comptait 12 pavillons dans le pur style Baltard conjuguant le fer, la fonte et le verre.
Leur construction avait commencé en 1852, leur démantèlement s’est terminé en 1973 laissant place au Forum des Halles. Pour ceux qui aimeraient connaître ces pavillons Baltard, l’un d’eux, celui qui abritait le marché aux œufs et à la volaille, a été remonté à Nogent-sur-Marne.
Zola, dans Le Ventre de Paris, 1873, en décrit magistralement l’ambiance :
« A droite, à gauche, de tous côtés, des glapissements de criée mettaient des notes aiguës de petite flûte, au milieu des basses sourdes de la foule. C’était la marée, c’étaient les beurres, c’était la volaille, c’était la viande. »
Le mot « Chan d’ail » est une abréviation populaire de « marchand d’ail ». Il désignait aux Halles de Paris les ouvriers du marché aux légumes, puis, par métonymie, le tricot qu’ils portaient.
Et si on s’interroge sur qui est « le Fort de la Halle » ? Ce n’est pas un vendeur à la criée plus costaud que les autres, mais c’est bel et bien le premier des 12 pavillons Baltard, ainsi surnommé en raison de son caractère massif.

Loufoque
Parmi les mots et expressions de l’histoire de Paris, on retrouve « Loufoque » qui signifie « un peu fou, original » témoigne du Paris populaire du 19ème siècle. A cette époque les plus grands créateurs de mots étaient… les bouchers ! Ils les découpaient, les lardaient et en faisaient une belle farce.
La corporation des bouchers parisiens avait, en effet, son langage : le louchébem, c’est-à-dire le largonji des louchébems (euh… le jargon des bouchers).
Ce code consistait à ajouter une syllabe « lem » ou « loque » (ou autres !) à la fin d’un mot et à intervertir la première lettre du mot avec le « l » de « loque », « lem » « li »…
« Fou » est ainsi devenu « fouloque ». En ajoutant « loque », puis, « loufoque » et en intervertissant le « l » avec le « f ».
Lercimuch les larçongem louchéBem ! C’est une tentative de dire en louchébem : « Merci les garçons bouchers » au cas où certains membres de cette belle corporation liraient ce post !

Mansarde
Une « mansarde » est une pièce sous le toit, un comble brisé avec un ou deux murs inclinés. Ce terme du 17ème siècle, parmi les mots et expressions de l’histoire de Paris, est crée par François Mansart (1598-1666). Mansart était un architecte français connu pour avoir été le précurseur de l’architecture classique en France.
En effet, le mot « mansarde » est dérivé du nom son créateur et signifiait :
1. Comble brisé, dont les pans sont eux-mêmes brisés. On dit aussi Comble en mansarde, à la mansarde ou à la Mansart. Par extension. Toit en mansarde, toit couvrant un tel comble. Fenêtre en mansarde, fenêtre pratiquée dans la partie quasi verticale d’un comble brisé.
2. Pièce aménagée sous un comble brisé, et dont un des murs suit l’inclinaison du toit. Habiter une mansarde, ne disposer que d’un logement exigu, sous les toits.


Baraguiner
Le mot « Baragouiner » signifie « parler de manière incompréhensible ». On « baragouine » à Paris ? Dans les bistros, lorsqu’on a trop bu ? Non ! Et pourtant… Ce verbe pourrait bien être une création parisienne et il a bien un rapport avec les débits de boisson.
Remontons au 19ème siècle où les belles langues régionales étaient encore très vivantes mais pouvaient aussi entraîner des difficultés de compréhension lorsqu’on sortait de sa contrée.
Une étymologie possible du verbe « baragouiner » serait donc liée aux mots bretons : « bara », pain et « gouin »/ « gwin », vin. Les soldats bretons, à la fin de la guerre de 1870, auraient eu du mal à passer leurs commandes dans les auberges parisiennes ! Les hôtes pour se dédouaner de leur peu de connaissances des langues des clients auraient alors inventé le verbe « baragouiner ».
Un lien avec le latin « barbarus », l’étranger, celui qui ne parle pas la même langue, semble aussi attesté puisqu’on trouve des formes de ce verbe « baragouiner » dans des textes antérieurs à 1870. Alors, création, recréation, croisement d’étymologies ? Continuons donc de baragouiner sur le sujet et nous ne serons plus des étrangers les uns pour les autres : c’est bien là un des objectifs du Libre Promeneur.

Midinette
Voilà encore un joli mot de l’histoire Paris, de ses habitants, de son histoire, sans que toujours on ne le sache.
Une « midinette » était une couturière travaillant dans le monde de la mode parisienne.
Ce mot-valise date de 1890. Il est formé de deux noms communs « midi » et « dînette » car ces jeunes couturières avaient pour coutume de prendre un tout petit repas pendant leur pause. Elles faisaient alors une petite « dinette » à « midi ».
Voici une photo où quelques midinettes faisaient une dinette dans le Jardin des Tuileries. Ce fut par un mois d’août caniculaire près de 120 ans bien avant celui que nous vivons.
Peut-être travaillaient-elles chez Jacques Doucet ? Le premier couturier de l’époque qui habillait les dernières Élégantes et les actrices en vogue comme Réjane, Sarah Bernhardt, La Belle Otéro…
Aujourd’hui on désigne par « midinette » une fille à la sentimentalité naïve.

Tenir le haut du pavé
Au Moyen Âge, les rues étaient pavées et n’avaient pas de trottoirs. Elles étaient en outre construites en forme de V pour écouler les eaux et les saletés dans la partie centrale. Des rues étaient également particulièrement étroites, et le plus souvent remplies de monde. De plus, elles ne permettaient pas aux piétons de se croiser en restant sur la partie haute de la rue,. Alors l’usage de l’époque voulait que, lorsque deux personnes se croisaient, la plus pauvre des deux s’écarte vers le milieu. La personne la plus riche, elle, tenait le haut du pavé.
« Tenir le haut du pavé » fait ainsi parti des mots et expressions d’antan de l’histoire de Paris. L’expression signifie avoir une excellente condition sociale. Elle fait également référence aux anciennes rues parisiennes pavées. Les nobles marchaient en haut de ces rues car les eaux usées étaient évacuées au centre.

Faire grève
Nommée place de l’Hôtel de Ville en 1803, la grande place située devant l’Hôtel de Ville de Paris se nommait avant cela Place de Grève, la grève étant, en langue française, un terrain constitué de sable et de graviers situé au bord d’un cours d’eau. Pendant longtemps plus important port de Paris, cette place attirait tous les jours des centaines de parisiens qui attendaient les bateaux pour décharger leurs marchandises. Ils faisaient donc grève, en attendant du travail.
Un mot dont la signification s’est aujourd’hui inversée !
Le mot « grève » vient du gaulois « grava », désignant du gravier. Au 17ème siècle, la rive droite à Paris était appelée place de la Grève car l’endroit était recouvert de sable. Ici, se rassemblaient les ouvriers qui cherchaient du travail, d’où l’apparition de l’expression « faire grève » qui signifiait à l’époque « rechercher du travail ». Au 19ème siècle, la signification change pour celle qu’on connait aujourd’hui…

La guinguette
Lorsque Paris était encore l’une des plus grandes zones viticoles de France, on produisait – notamment dans le quartier de Belleville – le ginguet, un vin blanc pétillant de mauvaise qualité mais très bon marché. Un ginguet qui se buvait directement chez les paysans, dont les auberges se sont transformées avec le succès du ginguet en…. guinguettes.
Un terme qui désigna ensuite plus généralement les cabarets populaires où les parisiens venaient boire et danser.


Faire un bœuf
Définition : Organiser un petit concert improvisé avec des copains musiciens. Origine : Cette expression vient du cabaret parisien Le Bœuf sur le Toit, haut lieu du jazz dans l’entre-deux-guerres où se réunissaient toutes les plus grandes stars de l’époque. Stars qui, une fois alcoolisées, n’hésitaient pas à offrir un petit « boeuf » aux autres clients du lieu. Une initiative bien sympatoche !

La fin des haricots
L’été a été sec, il n’y a plus de haricots au jardin ? Mais non ! L’origine de cette expression est beaucoup plus étonnante.
Ainsi que le raconte Amédée de Ponthieu dans ses Légendes du vieux Paris (1867), il exista, au sommet de la montagne Sainte Geneviève située dans le 5ème arrondissement, une école célèbre pour «sa rude discipline, ses fortes études et ses maigres repas». Les écoliers baptisèrent le lieu «Hôtel des Haricots, à cause de l’usage immodéré de cette piètre nourriture». Puis il y eut la Révolution. Elle supprima la caserne universitaire pour en faire une prison militaire «pour les gardes nationaux récalcitrants». Le lieu ne changea pas pour autant de surnom. Et l’on sait que, rappelle Anne Camberlin, «pour beaucoup de prisonniers, l’internement se terminait sur l’échafaud: la fin des haricots».

Payer en monnaie de singe
Il faut remonter à « une expression française qui évoquait à l’origine une sorte de paiement en nature. Aujourd’hui, elle signifie utiliser une monnaie d’échange non convertible en argent et, plus encore, ne pas payer ses dettes par tel ou tel artifice.
Selon le Livre des Métiers du 13ème siècle, Saint Louis aurait accordé aux montreurs de singes le droit de payer en grimaces ou en tours de passe-passe le péage du Petit-Pont qui relie l’ïle Notre Dame au quartier Saint-Jacques. » Le péagier pouvait aussi accorder la gratuité à un ménestrel en échange d’une chanson ou d’une fable.
Payer dans une monnaie qui n’a pas vraiment de valeur, voire ne pas payer. Au Moyen-Age, il fallait payer une taxe pour emprunter le pont qui reliait l’île de la Cité à la rue Saint-Jacques à Paris. Seuls les jongleurs, forains ou bateleurs qui possédaient un singe capable de faire un numéro étaient exonérés. Ils payaient en quelque sorte la taxe en monnaie de singe.

Ça se bouscule au portillon
Autrefois, des poinçonneurs validant les titres de transport se trouvaient au niveau des portillons des quais du métro parisien ce qui formait une file d’attente. Cette expression est donc utilisée pour désigner une affluence forte et soudaine, que ce soit pour entrer dans un lieu ou pour obtenir un poste, une promotion, un service…

Midi pétante
“Sois là à midi pétante”, c’est-à-dire à midi exactement. En 1786, un petit canon solaire fut installé dans le jardin du Palais-Royal de la capitale. Une loupe permettait de concentrer les rayons du soleil pour enflammer la poudre du canon et produire une détonation à la mi-journée. Depuis, cette expression s’est étendue à toutes les heures de la journée.

Faire la tournée des Grands-Ducs
Faire la fête, passer de bars en bars, dépenser sans compter … c’est ce que faisaient les Grands-Ducs russes à la fin du XIXe / début du XXe siècle lorsqu’ils étaient de passage à Paris pour des voyages d’agréments.

Métro, boulot, dodo
Cette expression, très souvent employée, qui désigne un quotidien routinier, a été créée par un poète-libraire parisien : Pierre
Béarn, mort à Paris en 2004, à 102 ans, un an après s’être marié.
En 1968, il invente l’expression « Métro-boulot-dodo », à partir d’un vers d’un poème de son recueil Couleurs d’usine, paru en 1951. Il reprend en 1932 la librairie du Zodiaque, fondée en 1924 par son ami Pierre Véry, située dans le Quartier latin, 60 rue Monsieur-le-Prince, et la dirige jusqu’en 1981.
Cette adresse est toujours celle d’une librairie, aujourd’hui celle des PUF.
Et si le secret pour sortir de la routine métro-boulot-dodo était justement caché dans les librairies ?
Reprenant le titre de l’essai de Gaston Bachelard, L’eau et Les Rêves, librairie flottante, amarrée quai de l’Oise à quelques pas du Bassin de la Villette,
abrite dans sa cale des milliers d’ouvrages dédiés au voyage, à la mer et à la nature.


Entrer à l ’œil
C’est-à-dire entrer gratuitement dans un lieu payant. Son origine remonte au début du XXe siècle quand la brigade de la Mondaine surveillait les maisons closes parisiennes. Ses inspecteurs portaient comme insigne un petit œil sur le revers de leur manteau qui leur permettait de rentrer sans payer.

Bistro et bistrot
Le dictionnaire définit le bistro (ou bistrot), comme un café, un débit de boissons. Autrefois ce vocable pouvait toutefois désigner également le tenancier d’un café, toujours avec un « t » à la fin du mot alors, comme on le voit souvent dans les enquêtes du commissaire Maigret de Georges Simenon :
« Les doutes du bistrot durèrent peut-être dix minutes encore. Quand Lucien annonça que le monteur ne viendrait que le lendemain, le patron se tourna à nouveau vers Maigret et murmura… »
Un bistro est un lieu d’échange et de partage typiquement parisien, c’est un endroit où on se sent bien, comme dans le Bistro des Oies, rue Marie et Louise, dans le 10ème arrondissement.
Mais d’où vient ce terme de bistro aux sonorités un peu étranges… voire étrangères ? L’étymologie du mot « bistro » remonterait à 1814, à l’époque de l’occupation de Paris par les soldats de la cavalerie de l’armée russe du tsar Alexandre I, qui avaient l’habitude de crier « быстро, быстро », c’est-à-dire « Vite, vite » pour demander qu’on leur serve rapidement à boire.

Les expressions « Epater la galerie » ou « rester sur le carreau »
Si je vous ai mené au jeu de paume avant-hier ce n’était pas pour épater la galerie et encore moins pour vous laisser sur le carreau !
Voilà bien deux expressions de la langue française dont on ne soupçonne pas facilement le lien avec le jeu de paume, ce sport (encore un faux mot anglais, vrai mot français qui vient de desport qui signifie « divertissement, plaisir physique ou de l’esprit) tant prisé des parisiens, du 13ème au 18ème siècle. Tout le grand monde y venait, soit pour jouer, soit pour admirer, comme en témoigne très bien cet extrait de La Princesse de Clèves (1678) de Madame de La Fayette :
« Peu de jours avant l’arrivée du duc d’Albe, le roi fit une partie de paume avec M. de Nemours, le chevalier de Guise et le vidame de Chartres. Les reines les allèrent voir jouer, suivies de toutes les dames et, entre autres, de Mme de Clèves. »
Les joueurs cherchaient donc à « épater la galerie » ou plus précisément les belles dames qui se tenaient à la galerie, sur le côté. Il valait mieux par contre pour eux éviter de « rester sur le carreau », c’est-à-dire de tomber sur le sol carrelé des salles de jeu de paume, et y rester lorsqu’on était vaincu !

Se faire appeler Arthur
Voici une bien étrange phrase pour dire « se voir faire des remontrances ». Elle prend son origine dans le Paris de l’Occupation.
Les Allemands avaient fixé un couvre-feu à 8h du soir. Les parisiens qui étaient vus après cette heure-là par les patrouilles qui sillonnaient les rues se faisaient rappeler à l’ordre en ces termes : “Acht Uhr !”, “Huit heures !” en allemand.
Si la situation que cette expression évoque est assez sombre, la transformation de langue qu’elle a opérée est plutôt cocasse.

Jeu de main, jeu de vilain ou tennis ?
Cette expression que l’on utilise plutôt aujourd’hui pour dire aux enfants de ne pas se chamailler de peur que le jeu ne tourne mal tire son origine du jeu de paume.
Apparu au 12ème siècle, le jeu de paume a été un sport très prisé en France jusqu’au 18ème siècle. Il se jouait au départ à main nue, avec la « paume » de la main, puis une sorte de raquette a ensuite été utilisée, par les plus riches du moins, d’où l’expression « jeu de mains, jeu de vilains », le terme « vilain » signifiant « paysan ». Ce nouveau jeu de raquette correspond à la naissance du tennis, dont le nom vient du verbe « tenir » à la 2ème personne de l’impératif : “tenez” que prononçait celui qui servait ; ce mot français a été adopté par les anglais et il a été rendu aux français sous la forme de « tennis », faux mot anglais dans le dictionnaire !
A Paris, les jeux de paume se sont multipliés, à tel point qu’on en dénombrait deux cent cinquante à la fin du 16ème siècle. Les parisiens, particulièrement les nobles et les rois, s’y rendent très régulièrement.
Le Jeu de Paume du Jardin des Tuileries, construit sous Napoléon III, donc bien après la grande période d’engouement pour ce jeu, n’a gardé cette fonction que jusqu’en 1909, date à partir de laquelle le bâtiment a été consacré à des expositions d’art.

Entrer comme dans un moulin
Cette expression qui signifie « entrer facilement quelque part, sans se gêner » est apparue au début du XIXe siècle. Les gens entraient-ils si facilement dans les moulins alors ? Non, pas les gens, mais les ânes ! L’âne servait à faire tourner la roue pour entraîner la meule mais aussi à transporter les graines au moulin. L’âne y entrait donc plusieurs fois par jour, et à chaque fois, sans frapper !
Au début du XIXe siècle, l’expression était « entrer comme un âne dans un moulin » puis, à l’usage, le mot « âne » a disparu, rendant l’expression un peu énigmatique.
Quel rapport cela peut-il avoir avec Paris ? C’est qu’il fut un temps où les moulins étaient très nombreux à Paris. Pensons à la butte Montmartre qui en comptait 17. Le Blute Fin et le Radet en sont aujourd’hui les deux rescapés (aux 77 et 83 rue Lepic) : ils formaient avec les jardins et la ferme, le célèbre ensemble du Moulin de la Galette, bal populaire, immortalisé par Renoir.
Quant à l’âne, il n’y a pas d’animal plus montmartrois que lui, il suffit de penser au célèbre Lolo du bon vieux Frédé du Lapin Agile, qui a fait tourner en bourrique les grands critiques d’art parisiens grâce à son tableau peint avec sa queue : « Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique », que voici !


« Chacun voit midi à sa porte »
Cette expression qui signifie que « chacun voit les choses à sa façon » date du temps d’avant les smartphones et même d’avant les montres puisqu’elle remonte au temps des cadrans solaires.
Au-dessus des portes des maisons, les bâtisseurs installaient autrefois des cadrans solaires afin que les habitants puissent sortir regarder l’heure aisément. Seulement, comme les maçons n’étaient pas tous experts en gnomonique, il n’était pas toujours midi à la même heure !
A Paris, il reste encore quelques beaux vestiges de ces cadrans solaires au-dessus des portes, notamment sur les façades des hôtels particuliers de l’Ile Saint-Louis (Chenizot, Lambert, de Lauzun…). Sont-ils tous bien réglés ?
En tout cas, il n’y a pas de couac à Montmartre, où l’on se met au diapason grâce au commandant Henri Lachouque, historien de Napoléon 1er et de la Grande Armée, qui a fait installer sur sa maison un cadran solaire contenant une devise de vainqueur.
Quand « tu » sonneras, s’entend quand les cloches du campanile de Montmartre sonneront l’Angélus, « je », alias le coq du cadran solaire, chanterai midi; cela est réglé comme du papier à musique depuis 1924. Ainsi, personne dans Paris ne pourra voir midi à quatorze heures !



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